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Nous savons mesurer. Mais le marché comprend-il encore ?

Pourquoi la traduction des données SMART en langage immobilier utilisable est la vraie question, avec le SRI comme point de départ.

Perspectives··9 min de lecture
Nous savons mesurer. Mais le marché comprend-il encore ?

Points clés

  • L'indicateur européen de préparation à l'intelligence (Smart Readiness Indicator) mesure la capacité d'un bâtiment à réagir aux utilisateurs, à l'énergie et au réseau, mais le résultat est difficile à interpréter pour les parties non techniques.
  • Davantage de données ne mène pas automatiquement à davantage de transparence : la transparence naît seulement lorsque l'information devient compréhensible.
  • L'IT-Label ne veut pas ajouter de complexité supplémentaire, mais traduire la complexité existante en classification compréhensible pour toute la chaîne.
  • Une bonne classification numérique combine label, audit et démarcation afin que les responsabilités restent claires.
  • Plus les bâtiments deviennent techniquement complexes, plus l'explication fonctionnelle pour l'utilisateur doit être simple.

L'Europe veut rendre les bâtiments plus durables, plus intelligents et mieux capables de réagir aux utilisateurs et au système énergétique. C'est une ambition logique. Pour rendre cette intelligence mesurable, l'indicateur de préparation à l'intelligence (Smart Readiness Indicator, SRI) a été développé : une méthode qui rend visible dans quelle mesure un bâtiment et ses installations peuvent réagir au confort, à l'énergie et au réseau électrique.

L'objectif est précieux. Pourtant, une question s'impose et est souvent laissée de côté. Si nous pouvons mesurer toujours davantage, le marché immobilier comprend-il encore ce que nous mesurons ? Un score n'a de sens que si celui qui base une décision dessus comprend ce qu'il signifie pour l'usage quotidien.

Cet article n'est pas une attaque contre le SRI. C'est un plaidoyer pour la traduction qui doit suivre. Car la technique peut être compliquée. Le résultat pour le locataire, le bailleur, l'agent immobilier et l'investisseur ne doit pas l'être.

Le SRI a un bon objectif

Le SRI évalue un bâtiment sur différents domaines techniques, tels que le chauffage, le refroidissement, la ventilation, l'éclairage et l'électricité. Pour chaque domaine, on examine les services présents, leur niveau de fonctionnalité et leur impact, notamment sur l'énergie, le confort et la flexibilité vis-à-vis du réseau. Cette évaluation débouche finalement sur un score qui exprime la préparation à l'intelligence.

En soi, c'est un exercice pertinent. Il rend visible qu'un bâtiment est plus que des murs et que les installations collaborent de plus en plus entre elles et avec les utilisateurs. Cela rejoint le mouvement plus large dans lequel les smart buildings jouent un rôle sérieux.

La critique ne porte pas sur ce que mesure le SRI, mais sur la question de savoir qui peut lire le résultat. Une évaluation qui combine des dizaines de services techniques, plusieurs critères d'impact et différents niveaux de fonctionnalité demande une interprétation spécialisée. Et c'est précisément cette interprétation qui fait souvent défaut au moment où elle compte : lors d'une location, d'un achat ou d'une décision d'investissement.

Un locataire peut-il comprendre cela ?

Posons le test simple : un entrepreneur moyen pourra-t-il réellement comprendre ce que signifie un score SRI pour son organisation ? Un agent immobilier peut-il l'expliquer sans ouvrir un dossier technique ? Si la réponse est hésitante, alors la méthode de mesure manque sa cible là où cela compte. Non pas parce que la technique est erronée, mais parce que la technique a été rendue plus importante que la compréhensibilité pour celui qui utilise le bâtiment.

Le secteur immobilier ne manque pas de données

L'immobilier dispose désormais d'une quantité impressionnante d'informations : certificats, normes, scores, audits, données ESG, mesures énergétiques et rapports techniques. Et les données SMART viendront bientôt s'y ajouter. Ce n'est donc pas le volume qui pose problème.

Cependant, davantage de données ne signifie pas automatiquement davantage de transparence. Pire encore : l'information sans traduction peut accroître la confusion. Un conseiller technique comprend un rapport technique. Un ingénieur réseau comprend l'architecture d'un réseau. Mais un agent immobilier doit pouvoir l'expliquer, un bailleur doit pouvoir le proposer, un investisseur doit pouvoir l'évaluer et un locataire doit pouvoir baser une décision dessus.

La transparence ne naît donc pas dès que l'information est disponible. La transparence naît lorsque l'information devient compréhensible. Cette distinction est tout l'enjeu.

Plus nos bâtiments deviennent complexes, plus nous devons pouvoir expliquer leur fonctionnalité simplement.

Regardez le label énergétique

Le label énergétique montre à quel point la simplicité peut être puissante. Le calcul sous-jacent de la performance énergétique est techniquement complexe, mais l'utilisateur voit finalement une classification reconnaissable. Grâce à cela, un agent immobilier peut le mentionner, un locataire peut le comprendre, un investisseur peut comparer des bâtiments et un propriétaire peut s'améliorer de manière ciblée.

La force ne réside pas dans une technique simple. La force réside dans une technique traduite simplement. Cela soulève une question logique : pourquoi n'appliquerions-nous pas le même principe à la qualité numérique des bâtiments ? Le parallèle entre ces deux mondes est développé plus en détail dans l'article sur le chemin du label énergétique vers l'IT-Label.

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C'est la philosophie derrière l'IT-Label

Un audit pour un IT-Label peut être techniquement approfondi. On peut y examiner la fibre optique et la connectivité, la redondance, le choix du fournisseur, le câblage interne, le wifi, les salles de patch et de serveurs, la sécurité physique informatique, la continuité numérique, les équipements smart-building, le monitoring, les dispositifs de cybersécurité pertinents, l'évolutivité et la démarcation entre locataire et bailleur.

Derrière les coulisses, cela peut être complexe. Mais le professionnel de l'immobilier n'a pas besoin de devenir spécialiste informatique. La traduction finale doit répondre à quatre questions : qu'est-ce qui est présent, que reçoit l'utilisateur, que doit-il encore organiser lui-même et de quoi ce bâtiment est-il capable numériquement ? La méthodologie sous-jacente se retrouve dans la classification de PREMIUM à SHELL.

Une tour de verre sombre à côté d'un bâtiment clair
Deux bâtiments peuvent se ressembler et pourtant présenter un niveau de livraison numérique très différent.

De la technique au langage immobilier

C'est là que se trouve le cœur du sujet. L'IT-Label veut créer un langage commun entre des mondes qui ne se comprennent pas toujours aujourd'hui. Le spécialiste informatique parle de capacité, de redondance, de switches, de VLAN et de points d'accès. Le propriétaire pense en CAPEX, en louabilité et en pérennité. L'agent immobilier pense en niveau de livraison et en pouvoir distinctif. Et le locataire ne pense qu'à une chose : mon entreprise peut-elle simplement bien travailler ici ?

Rapprocher ces mondes ne signifie pas que tout le monde doit apprendre l'informatique. Cela signifie que l'informatique est traduite en langage immobilier. C'est le même raisonnement développé dans l'article sur les multiples langages informatiques dans l'immobilier.

Un label doit pouvoir s'expliquer en trente secondes

Un principe de conception utile est la règle des trente secondes. Si un agent immobilier a besoin d'une demi-heure pour expliquer ce que signifie une classification, la traduction a échoué. Un utilisateur doit comprendre en environ trente secondes quel est le niveau de livraison numérique, ce qui est présent et ce qu'il doit encore régler en tant que locataire. L'audit technique qui se cache derrière peut contenir des centaines de points de contrôle, mais la complexité doit rester derrière le label, pas devant.

SRI et IT-Label : pour qui mesurons-nous ?

Le SRI et l'IT-Label ont des périmètres différents et ne doivent pas être comparés comme s'il s'agissait du même produit. Pourtant, le SRI aide à souligner un point plus large. La question intéressante n'est pas seulement ce que nous mesurons, mais surtout : pour qui le mesurons-nous ?

AspectSRIIT-Label
Question centraleDans quelle mesure le bâtiment peut-il fonctionner intelligemment ?Que me livre-t-on numériquement et qu'est-ce que je peux en faire ?
FocusInstallations et système énergétiqueInfrastructure numérique et usage
RésultatScore technique de préparation à l'intelligenceNiveau de livraison numérique compréhensible
Pour quiInterprétation surtout techniqueToute la chaîne immobilière

La deuxième étape, qu'est-ce que cela signifie pour moi, doit être centrale. Prenons un agent immobilier qui se trouve avec un entrepreneur dans un bureau vide et qui reçoit la question : comment l'informatique est-elle organisée ici ? Un exposé détaillé sur les protocoles, les fournisseurs et l'architecture réseau n'aide pas l'entrepreneur. Une réponse telle que : ce bâtiment dispose de l'IT1 HIGH PERFORMANCE, voici ce qui est présent, voici ce que livre le bailleur et voici ce que vous devez encore adapter vous-même, oui. C'est l'ambition.

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Du label à la démarcation

La simplicité ne signifie pas que les responsabilités sont simplifiées à l'excès. Précisément en matière informatique, la limite entre le bâtiment et l'utilisateur est importante. Que livre le bailleur, qu'est-ce qui relève du bien loué, qu'installe le locataire lui-même, qui l'entretient et qui est responsable en cas de panne ?

C'est pourquoi la transparence numérique s'accompagne d'une démarcation compréhensible. Le label communique le niveau, l'audit le justifie et la démarcation clarifie les responsabilités. Ensemble, ils forment la formule : label plus audit plus démarcation égale transparence numérique. Vous pouvez lire comment cette répartition se traduit en pratique dans l'article sur qui organise l'informatique dans l'immobilier locatif.

Le locataire n'a pas besoin de devenir informaticien

Nous n'attendons pas non plus d'un locataire qu'il réalise lui-même un calcul de performance énergétique. Pourquoi attendrions-nous alors implicitement qu'un entrepreneur détermine lui-même quelle fibre optique est disponible, ce que signifie la redondance, comment la salle des serveurs est aménagée et quelle infrastructure appartient au bailleur ? Un entrepreneur veut entreprendre. Le bâtiment doit faciliter cela, et l'utilisateur doit pouvoir être conseillé de manière experte sans devenir lui-même spécialiste.

Cette urgence ne fait qu'augmenter. L'usage informatique des entreprises ne devient pas plus simple avec l'IA, le cloud, l'IoT, les données en temps réel et les exigences croissantes en matière de cybersécurité. C'est le paradoxe : plus la technologie devient complexe, plus le besoin d'une traduction commerciale simple augmente.

C'est peut-être là la véritable préparation à l'intelligence

Un bâtiment n'est pas intelligent parce qu'il contient le plus de technologie. Un bâtiment est intelligent lorsque la technologie contribue de manière démontrable à l'usage, au confort, à la continuité, à la sécurité, à l'efficacité et à la pérennité, et lorsque l'utilisateur comprend ce qu'il en retire. Une technologie intelligente sans traduction vers l'utilisateur reste simplement de la technologie. Ce n'est que lorsque l'utilisateur comprend ce que cette technologie signifie pour lui qu'une valeur fonctionnelle apparaît.

L'IT-Label n'a pas besoin de remplacer le SRI. Le SRI peut apporter des éclairages précieux sur la préparation à l'intelligence des installations du bâtiment. L'IT-Label répond à une question plus large de l'utilisateur : que me livre-t-on numériquement et qu'est-ce que je peux en faire ? La chaîne n'a pas seulement besoin de mesurer, mais du mouvement complet allant de la mesure à la compréhension, à la comparaison, à l'amélioration et à l'usage.

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Faites le point sur la base numérique de votre bâtiment

Dans l'immobilier, nous ne manquons ni de technique, ni de données, ni de rapports, et bientôt probablement pas non plus de données SMART. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un langage commun : un langage que le spécialiste informatique peut étayer, que le propriétaire comprend, que l'agent immobilier communique et qui aide le locataire à mieux décider.

Vous voulez savoir où se situe votre bâtiment sur le plan numérique et comment ce résultat peut être rendu compréhensible pour chaque acteur de la chaîne ? Approfondissez alors le fonctionnement de l'IT-Label et clarifiez la base numérique de votre patrimoine immobilier. Mesurer, c'est de la technique. Traduire, c'est de la transparence. Et comprendre crée finalement de la valeur.

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