
Points clés
- L'IA ne rend pas l'immobilier superflu, elle accroît au contraire l'importance de la qualité numérique des bâtiments.
- Les locataires ne demanderont bientôt plus seulement la surface et l'étiquette énergétique, mais aussi ce que leur poste de travail peut supporter sur le plan numérique.
- La transparence sur le niveau de livraison numérique réduit la friction dans le processus de transaction et peut accélérer les décisions de location.
- Les bâtiments existants peuvent être améliorés sur le plan numérique, et l'IT-Label aide à rendre visibles les investissements numériques.
- Un immobilier numériquement pérenne fonctionne comme une infrastructure économique qui soutient la croissance et l'innovation.
On parle surtout de l'IA en termes d'emploi. Les métiers évoluent, les processus deviennent plus intelligents, les organisations gagnent en productivité et les données prennent plus d'importance. Les entreprises automatisent et déplacent de plus en plus d'activités vers des environnements numériques. Un élément reste pourtant souvent passé sous silence : toutes ces organisations doivent bien travailler quelque part.
L'IA ne rend pas l'immobilier moins important. Elle peut au contraire le rendre différent et plus important. Plus les entreprises se numérisent, plus elles dépendent de la qualité numérique des bâtiments dans lesquels elles travaillent. C'est précisément là que se trouve une opportunité, pas seulement pour l'immobilier, mais pour l'économie au sens large.
Dans cet article, nous montrons comment la transparence sur la qualité numérique des bâtiments peut accélérer le marché, et quel rôle une méthodologie de classification comme l'IT-Label peut y jouer.
L'IA rend le poste de travail plus important, pas superflu
Pendant des années, on a prédit que la technologie rendrait le bureau moins pertinent. Le cloud a rendu le travail indépendant du lieu, la visioconférence a réduit la nécessité de réunions physiques, et le télétravail est devenu la norme. Aujourd'hui, l'IA pourrait à nouveau constituer une raison de nécessiter moins d'espace.
Il est plus probable qu'il se passe autre chose. L'IA peut nous amener à utiliser les bâtiments de manière plus intensive, plus intelligente et plus efficace. Les collaborateurs deviennent plus productifs, les bâtiments peuvent être mieux pilotés et les postes de travail peuvent s'adapter à l'occupation. Les données aident à utiliser l'espace plus efficacement, et la technologie smart-building peut optimiser le climat, l'énergie, la sécurité et les processus techniques.
Le bureau ne disparaît donc pas. Il devient plus puissant sur le plan numérique. Et cela impose d'autres exigences au bâtiment dans lequel se trouve cette organisation.
D'autres exigences pour l'immobilier
Une organisation qui recourt de plus en plus à l'IA, au cloud et aux données ne tire que peu de bénéfice d'un beau bureau si la base numérique ne suit pas. D'autres questions deviennent alors importantes : y a-t-il une connectivité suffisante, la fibre optique est-elle présente, plusieurs fournisseurs sont-ils possibles et existe-t-il une redondance dans les connexions ?
Viennent ensuite des questions sur le câblage de données interne, la couverture WiFi, l'aménagement des locaux techniques, la continuité numérique et la cybersécurité. Et la question la plus importante de toutes : l'infrastructure pourra-t-elle encore soutenir l'usage de l'organisation dans cinq à dix ans ?
Ce ne sont plus des questions qui relèvent exclusivement du département IT. Elles deviennent des questions immobilières, et donc des questions qui font partie de la décision d'implantation.
Le locataire change
Un entrepreneur demande aujourd'hui combien de mètres carrés il lui faut, combien de postes de travail y tiennent, quel est le loyer, combien de places de parking sont disponibles et quelle est l'étiquette énergétique du bâtiment. Tout cela est pertinent. Mais une nouvelle question s'y ajoute : que peut supporter mon nouveau poste de travail sur le plan numérique ?
Pensez à un cabinet d'avocats dont des centaines de collaborateurs travaillent avec des assistants IA, un bureau d'ingénierie qui traite des modèles lourds depuis le cloud, une entreprise fintech qui traite des données en temps réel ou une entreprise logistique qui automatise davantage ses processus. Ils utilisent l'immobilier différemment, mais partagent un point commun : sans infrastructure numérique, leur activité s'arrête de plus en plus vite.
Un locataire n'achète pas des mètres carrés. Il loue la possibilité de faire fonctionner son entreprise quelque part, et cette fonctionnalité devient de plus en plus numérique.
Une nouvelle responsabilité et opportunité pour le bailleur
Cela ne signifie pas que le bailleur doive désormais gérer toute l'informatique de ses locataires. Bien au contraire. Une partie de l'infrastructure relève du bâtiment, une autre du locataire, et les applications spécifiques restent de la responsabilité de l'utilisateur et de ses partenaires informatiques. Qui est responsable de quoi est expliqué clairement dans notre article sur qui organise l'IT dans l'immobilier locatif.
C'est justement pour cela que la transparence est importante. Que fournit le bailleur, qu'est-ce qui est présent, que peut faciliter le bâtiment, où se situe la limite et que doit organiser le locataire lui-même ? Cela semble évident, mais dans la pratique cette information est loin d'être toujours facilement disponible.
Un locataire peut voir précisément combien de mètres carrés il obtient, connaît l'étiquette énergétique, les charges et le nombre de places de parking. Mais demandez-lui ce qui lui est livré sur le plan numérique, et la réponse devient vite technique, fragmentée ou floue. C'est le problème que veut résoudre un IT-Label.
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Demander un IT-labelPas plus de technique, mais une meilleure traduction
Il existe suffisamment de bonnes entreprises informatiques, d'opérateurs télécoms, de spécialistes en cybersécurité, d'installateurs et d'ingénieurs réseau. L'IT-Label ne veut pas remplacer leur travail, mais assurer la traduction : de l'information technique vers une information immobilière compréhensible.
Cette traduction va du spécialiste IT au bailleur, du bailleur à l'agent immobilier, de l'agent immobilier au locataire, et du bâtiment à l'utilisateur. Un entrepreneur n'a pas besoin de comprendre comment un réseau est construit techniquement. Il doit surtout pouvoir comprendre ce qui lui est livré sur le plan numérique et si cela correspond aux besoins de son organisation.

La transparence peut accélérer le marché
C'est ici qu'apparaît aussi un avantage économique. Supposons qu'un locataire recherche 2000 mètres carrés de bureaux et visite cinq bâtiments. Pour chaque bâtiment, il faut vérifier séparément quel fournisseur est présent, si la fibre optique est disponible, quelle capacité est possible, si une redondance est réalisable, quel câblage est en place et qui installe quoi.
Cela prend du temps. Des conseillers sont sollicités, des études techniques sont menées, et parfois des problèmes n'apparaissent qu'après la signature de la lettre d'intention, voire du bail lui-même. Ce que coûte réellement une coupure internet à une entreprise lorsque ces problèmes apparaissent trop tard est une question que nous développons dans un article séparé.
Lorsque cette information est visible en amont, l'utilisateur peut sélectionner plus rapidement, l'agent immobilier peut mieux conseiller, le bailleur peut mieux communiquer et le spécialiste IT peut déterminer plus tôt ce qui reste nécessaire. La transparence réduit la friction, et moins de friction peut accélérer les transactions.
Des mètres carrés à la fonctionnalité
Un bâtiment est finalement un produit qu'un bailleur propose à un utilisateur. De ce produit, nous communiquons toutes sortes de caractéristiques : surface, emplacement, étiquette énergétique, installations, parking, équipements et niveau de livraison. Ce qui manque souvent, c'est le niveau de livraison numérique.
C'est précisément ce que l'IT-Label veut rendre visible. Pas pour déterminer si un bâtiment est bon ou mauvais, mais pour rendre transparent ce qui est présent. Un bâtiment classé IT1 HIGH PERFORMANCE facilite un type d'utilisateur différent d'un bâtiment classé IT3 READY, où l'aménagement numérique doit encore être réalisé par le locataire. Cela ne pose pas nécessairement de problème, tant que l'utilisateur le sait à l'avance.
Ainsi, le regard porté sur la qualité immobilière évolue. Là où celle-ci était surtout évaluée à partir de l'emplacement, du bâtiment et de l'énergie, la dimension numérique vient désormais s'y ajouter. C'est là que naît l'immobilier de demain.
Ce qui distingue les labels sur un point
Pour montrer qu'une classification n'est pas un jugement mais une description, nous résumons les niveaux de livraison à la question pertinente pour l'utilisateur : combien doit-il encore organiser lui-même ?
| Classification | Ce qu'elle indique |
|---|---|
| IT1+ PREMIUM | Niveau le plus élevé, préparé à l'usage de l'IA |
| IT1 HIGH PERFORMANCE | Plug-and-play d'entreprise, directement utilisable |
| IT2 PLUG & PLAY | Plug-and-play standard, travail propre limité |
| IT3 READY | Infrastructure de base présente, le locataire complète |
| IT4 CORE | Infrastructure minimale, le locataire organise beaucoup lui-même |
| IT5 SHELL | Aucune infrastructure numérique, aménagement entièrement propre |
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Demander un IT-labelL'IA peut créer une nouvelle valeur dans les bâtiments existants
Cette évolution est également positive pour les propriétaires. Tous les bâtiments n'ont pas besoin d'être reconstruits. Les bâtiments existants peuvent justement être améliorés sur le plan numérique en investissant dans une meilleure connectivité, la redondance, un câblage de données moderne, une infrastructure WiFi, des locaux techniques sécurisés, la surveillance et la continuité numérique.
Un bâtiment existant peut ainsi être fonctionnellement préparé pour une nouvelle génération d'utilisateurs. La numérisation devient ainsi une nouvelle forme de valorisation des actifs. Non seulement rénover la façade, améliorer l'entrée ou verdir le bâtiment, mais aussi le moderniser sur le plan numérique.
Cela donne lieu à une nouvelle catégorie d'investissement. À côté du CAPEX connu pour les toitures, les ascenseurs, la CVC et la durabilité, apparaît un espace pour le digital CAPEX : quels investissements numériques sont nécessaires pour maintenir l'attractivité du bâtiment auprès des futurs utilisateurs ? Ce que cela signifie pour la répartition des investissements numériques est développé ailleurs.
L'IT-Label comme infrastructure économique
Les Pays-Bas et l'Europe souhaitent que les entreprises utilisent l'IA, gagnent en productivité et renforcent l'économie de la connaissance. Mais les entreprises ne peuvent se numériser que si leur environnement de travail physique facilite cette numérisation.
Un meilleur immobilier numérique contribue ainsi à un environnement dans lequel les entrepreneurs croissent, innovent, mettent en œuvre l'IA, collaborent et traitent des données plus facilement. L'immobilier numériquement pérenne est en ce sens aussi une infrastructure économique.
Cela ne nécessite pas forcément une nouvelle législation en premier lieu. Le marché a lui-même intérêt à la transparence. Le locataire veut savoir ce qu'il obtient, le bailleur veut montrer ce qu'il propose, l'agent immobilier veut pouvoir expliquer la différence, l'investisseur veut savoir où des investissements sont nécessaires, et le spécialiste IT veut savoir à partir de quel niveau il construit la suite. Un langage commun entre ces parties est peut-être plus puissant qu'une seule obligation.
Votre prochaine étape : cartographiez le niveau de livraison numérique
En définitive, tout revient à l'utilisateur. Sans utilisateur, pas de location, sans location, pas de flux de trésorerie, sans flux de trésorerie, pas de rendement, et sans fonctionnalité, pas d'utilisateur satisfait. L'immobilier pérenne exige donc de répondre à une seule question : de quoi l'utilisateur a-t-il besoin pour entreprendre avec succès aujourd'hui et demain ? L'IA rend cette réponse de plus en plus numérique.
Vous souhaitez savoir ce que votre bâtiment peut faciliter sur le plan numérique ? Commencez par y voir clair. Découvrez comment fonctionne la méthodologie de classification et approfondissez la manière dont la qualité numérique fonde la valeur de votre immobilier. Vous rendez ainsi visible ce qu'un bâtiment peut offrir sur le plan numérique, afin que l'utilisateur sache ce qu'il peut en faire.

