
Points clés
- Un IT-Label plus élevé n'entraîne pas automatiquement un label énergétique officiel plus élevé, car les deux méthodologies mesurent des choses différentes.
- Les bâtiments modernes utilisent de plus en plus la technologie numérique pour mesurer, piloter et économiser l'énergie, ce qui rapproche énergie et IT.
- Un audit IT-Label regarde plus loin que la vitesse internet et peut aussi inventorier des systèmes SMART Building comme la gestion technique du bâtiment et le monitoring énergétique.
- Pour qui souhaite améliorer la performance énergétique en usage, un SMART Building doté d'une base numérique solide peut souvent apporter plus qu'une nouvelle installation.
- La digitalisation n'est pas l'opposé de la durabilité, elle peut au contraire la renforcer.
Qui souhaite rendre un bâtiment plus économe en énergie pense traditionnellement à l'isolation, à un meilleur vitrage, à une pompe à chaleur, à des panneaux solaires et à des installations plus efficaces. C'est encore la base. Mais l'étape suivante de la durabilité ne concerne plus seulement l'installation présente. La question de savoir avec quelle intelligence cette installation est utilisée devient de plus en plus importante.
Une installation économe en énergie qui fonctionne inutilement consomme encore de l'énergie. Un éclairage allumé dans des locaux vides gaspille de l'énergie. Une installation climatique qui chauffe un étage vide, également. La durabilité se déplace ainsi de la seule installation vers la combinaison entre installation, données, logiciel et pilotage. Et c'est précisément là que l'IT entre dans le bâtiment.
Cet article explique ce lien, avec une nuance importante en préambule. Un meilleur IT-Label ne signifie pas automatiquement un meilleur label énergétique. Les méthodologies de calcul diffèrent. Mais la technologie derrière les deux univers se rapproche de plus en plus.
De l'isolation au pilotage intelligent
La durabilité traditionnelle était surtout une question d'interventions physiques. L'isolation, le double vitrage HR++ ou le triple vitrage, l'éclairage LED et des installations plus efficaces restent tous essentiels. Pourtant, l'installation seule ne détermine plus l'ensemble du résultat.
Les panneaux solaires produisent de l'énergie, mais les données déterminent de plus en plus comment production, stockage et consommation sont optimalement équilibrés. Une borne de recharge collective mal pilotée peut provoquer une pointe de charge inutile. La performance ne réside donc pas uniquement dans l'appareil, mais aussi dans l'intelligence qui le pilote.
La problématique change ainsi. Là où la question était autrefois de savoir quelle installation était présente, elle porte désormais aussi sur la façon dont cette installation est utilisée intelligemment. C'est devenu une question numérique.
Le bâtiment durable devient un bâtiment numérique
Un bâtiment moderne optimise de plus en plus sa performance énergétique grâce à la technologie numérique. Pensez aux capteurs, compteurs intelligents, IoT, systèmes de gestion technique du bâtiment, gestion de l'énergie, mesures d'occupation, éclairage intelligent, systèmes de batteries, bornes de recharge intelligentes et maintenance prédictive.
Toute cette technologie produit, reçoit ou traite des données. On en tire un constat simple : plus un bâtiment devient intelligent en matière d'énergie, plus il devient automatiquement numérique. Un bâtiment qui veut comprendre l'énergie a besoin d'une couche numérique pour y parvenir.
Cette couche numérique demande un fondement. Sans connectivité et traitement des données fiables, les systèmes intelligents peuvent bien mesurer, mais pas collaborer entre eux. Les installations sont présentes, mais ne se parlent pas.
L'IT-Label mesure donc plus que l'internet
Il est tentant de lire l'IT-Label comme une réponse à la seule question de la vitesse internet. Ce n'est qu'un élément parmi d'autres. Un audit examine plus largement l'infrastructure numérique et la fonctionnalité numérique de l'immobilier, et peut également inventorier les systèmes SMART Building.
Cet inventaire couvre des éléments variés :
- Gestion technique du bâtiment : existe-t-il un système de gestion technique et quelles fonctions sont pilotées numériquement ?
- Climat : le chauffage, le refroidissement et la ventilation peuvent-ils être régulés intelligemment ?
- Occupation : la présence est-elle mesurée et les installations peuvent-elles y réagir ?
- Éclairage : l'éclairage peut-il être commuté ou tamisé automatiquement ?
- Panneaux solaires et bornes de recharge : la production, les performances et le comportement de charge sont-ils suivis et équilibrés numériquement ?
- Monitoring énergétique et continuité : la consommation peut-elle être analysée et que se passe-t-il en cas de panne ?
L'IT-Label ne regarde donc pas seulement le poste de travail numérique, mais aussi l'intelligence numérique du bâtiment lui-même. Qui souhaite savoir tout ce que cela recouvre trouvera plus d'explications sur les smart assets et les équipements IT liés au bâtiment.
Énergie et IT étaient autrefois deux univers séparés. Dans le SMART Building, ils se rapprochent de plus en plus l'un de l'autre.
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Demander un IT-labelUn SMART Building forme un grand écosystème numérique
Un bâtiment traditionnel se composait d'installations séparées : chauffage, éclairage, électricité, accès, ascenseurs, panneaux solaires et bornes de recharge, chacune vivant sa propre vie. Dans un SMART Building, ces systèmes deviennent interconnectés.
Un capteur détecte une présence, le système de gestion technique reçoit cette information, la régulation climatique s'ajuste, l'éclairage s'éteint, la consommation d'énergie baisse et le système de gestion de l'énergie enregistre l'économie réalisée. Tout ce processus n'est pas qu'une technique d'installation. C'est avant tout de la donnée, et la donnée exige une infrastructure numérique.
Sans IT, pas de SMART Energy
La formule se résume brièvement : l'énergie intelligente est la somme de l'installation, des données, de la connectivité et du pilotage. Une pompe à chaleur peut être économe en énergie, mais c'est le logiciel qui détermine quand elle fonctionne de manière optimale. Les panneaux solaires produisent de l'électricité, mais un système de gestion de l'énergie détermine où cette énergie est le mieux utilisée.
Les bornes de recharge alimentent les voitures, mais le smart charging tient compte de la consommation du bâtiment et de la capacité réseau disponible. L'IT devient ainsi de plus en plus un facilitateur de l'efficacité énergétique plutôt qu'un poste de coût distinct.

Deux labels qui regardent depuis des directions différentes
Il est important de garder à l'esprit que les deux labels ne mesurent pas la même chose. Le label énergétique répond à la question de savoir dans quelle mesure le bâtiment est économe en énergie selon la méthodologie applicable. L'IT-Label rend visible ce que le bâtiment peut faciliter numériquement et quel niveau de finition numérique est présent.
Pourtant, une zone de recouvrement de plus en plus large apparaît : la technologie SMART Building. C'est là que se rejoignent énergie et IT. D'un côté se trouvent les installations, le chauffage, le refroidissement, la ventilation et la production. De l'autre se trouvent les capteurs, la gestion technique, le monitoring, les logiciels et le pilotage. Au milieu se trouve le bâtiment qui a besoin des deux univers.
La conclusion est nuancée mais claire. Le label énergétique et l'IT-Label mesurent des choses différentes, mais la technologie qui les sous-tend s'entrelace de plus en plus fortement. Qui souhaite comprendre précisément la ligne de démarcation peut lire notre article sur la différence entre l'IT-Label et le label énergétique.
Performance sur papier versus performance à l'usage
Un bâtiment peut disposer d'installations économes en énergie, mais c'est finalement l'usage qui détermine en partie la consommation d'énergie réelle. Pendant combien de temps l'éclairage reste-t-il allumé ? Chauffe-t-on des salles de réunion vides ? La ventilation fonctionne-t-elle à pleine capacité alors qu'un étage est à peine occupé ?
C'est justement le monitoring numérique et le pilotage intelligent qui peuvent aider à mieux comprendre cette pratique. La prochaine grande économie d'énergie ne réside peut-être pas seulement dans une nouvelle installation supplémentaire, mais aussi dans une utilisation plus intelligente de ce qui existe déjà.
Du CAPEX au SMART CAPEX
Un propriétaire qui souhaite améliorer sa performance énergétique pense souvent d'abord à des investissements physiques. Mais avant de remplacer des installations, il est utile d'examiner si les installations existantes peuvent être pilotées plus intelligemment, quelles données sont disponibles et lesquelles manquent, et où l'automatisation peut être ajoutée.
C'est le cœur de ce que l'on pourrait appeler le SMART CAPEX : des investissements grâce auxquels les installations physiques existantes sont utilisées de manière plus intelligente et plus efficace par la digitalisation. Nous expliquons le lien avec les coûts d'exploitation dans notre article sur le CAPEX et l'OPEX dans l'immobilier commercial.
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Demander un IT-labelLa congestion du réseau rend cela encore plus pertinent
Face à la congestion du réseau, la solution ne consiste pas seulement à produire davantage d'électricité. La capacité disponible doit aussi être utilisée plus intelligemment. Les bâtiments peuvent y jouer un rôle grâce à l'équilibrage de charge, au smart charging, aux batteries, à la gestion de l'énergie, au pilotage de la demande et à la réduction des pointes.
Pratiquement toutes ces solutions partagent une même base : données, connectivité et logiciels. L'infrastructure numérique des bâtiments devient ainsi aussi une composante de la discussion plus large sur l'infrastructure énergétique, et non plus un sujet IT isolé.
L'IA pourrait être la prochaine étape
En regardant vers l'avenir, l'intelligence artificielle pourrait être utilisée dans les bâtiments pour prédire l'occupation, optimiser la consommation d'énergie, détecter les anomalies et planifier la maintenance. Certaines applications existent déjà aujourd'hui, d'autres relèvent encore de la prospective, et il convient de rester prudent face aux affirmations selon lesquelles l'IA générerait automatiquement d'importantes économies.
Le constat pertinent est conditionnel. L'IA ne peut piloter un bâtiment de manière plus intelligente que si ce bâtiment peut collecter, communiquer et traiter suffisamment de données. Sans infrastructure numérique, l'intelligence reste théorique. Vous en apprendrez davantage dans notre aperçu de l'IA et l'immobilier.
D'abord mesurer, puis comprendre, puis améliorer
On ne peut pas améliorer de manière ciblée ce que l'on ne rend pas visible. L'ordre logique est donc : mesurer, comprendre, piloter et optimiser. L'IT-Label peut aider à rendre visible quelle infrastructure numérique et SMART Building est présente.
Cela ne remplace ni un conseil énergétique ni un label énergétique officiel. Il donne un aperçu de la couche numérique grâce à laquelle un bâtiment peut potentiellement fonctionner plus intelligemment. Aujourd'hui, le conseiller en énergie, l'installateur, le spécialiste IT, le spécialiste SMART Building et le gestionnaire d'actifs travaillent souvent côte à côte. Dans le bâtiment de demain, ces univers se rejoignent.
L'IT-Label souhaite y jouer un rôle de liaison : une traduction entre l'énergie, les installations, les données, l'IT, l'immobilier et l'utilisateur. Un langage commun émerge ainsi, que différentes disciplines peuvent partager, comme nous le décrivons dans un langage commun pour la qualité numérique des bâtiments.
De l'économe en énergie vers l'efficace numériquement
Nous connaissons les bâtiments économes en énergie. À côté de cela émerge peut-être un nouveau concept : les bâtiments numériquement efficaces. Des bâtiments où la technologie numérique aide à utiliser plus efficacement l'espace, l'énergie, les installations, les postes de travail, la mobilité et la maintenance.
L'utilisateur en profite également. Un bâtiment plus intelligent peut offrir plus de confort, un meilleur climat intérieur, une visibilité sur l'usage, des postes de travail plus efficaces et potentiellement des coûts opérationnels réduits. Le cœur de l'IT-Label revient ainsi au premier plan : la technologie n'a de valeur que lorsque l'utilisateur en tire un bénéfice. Ce que les locataires peuvent en attendre est expliqué dans ce à quoi vous devez être attentif en tant que locataire.
La digitalisation n'est donc pas l'opposé de la durabilité. Elle peut au contraire la renforcer, à condition que la base numérique soit solide.
Curieux du IT-label de votre bâtiment ?
Découvrez comment votre bien immobilier se positionne en infrastructure numérique.
Demander un IT-labelProchaine étape concrète : cartographiez votre couche numérique
Vous souhaitez savoir si votre bâtiment est prêt non seulement à utiliser l'énergie, mais aussi à la mesurer, la comprendre et la piloter ? Commencez par inventorier l'infrastructure numérique. Un IT-Label plus élevé ne donne pas automatiquement un label énergétique plus élevé, mais une base numérique solide constitue bien le fondement de la technologie SMART grâce à laquelle la consommation d'énergie peut être mieux maîtrisée.
Une bonne première étape consiste à obtenir une vue d'ensemble du niveau de finition numérique actuel via la classification IT-label de PREMIUM à SHELL, afin de savoir quelle fonctionnalité SMART est possible aujourd'hui et où se situent les marges d'amélioration. À partir de là, vous pourrez traduire cela en choix concrets. Pour en savoir plus sur la démarche, consultez le fonctionnement de l'IT-label. Vous constaterez ainsi que le label énergétique et l'IT-Label ne s'opposent pas, mais éclairent des facettes différentes du même avenir.

