Collectif de connaissances indépendant pour l'infrastructure numérique de l'immobilier

Que peut apprendre l’IT-Label des autres pays ? Six leçons de Corée, d’Espagne, du Portugal, de France et du Royaume-Uni

D’autres pays travaillent depuis des années avec des règles et des labels pour la qualité numérique des bâtiments. Qu’est-ce qui a fonctionné, qu’est-ce qui n’a pas marché, et qu’en déduire pour un standard Benelux ?

Perspectives··8 min de lecture·Rédaction : IT-Label

Points clés

  • D’autres pays travaillent depuis des années avec des règles ou des labels pour la qualité numérique des bâtiments. La Corée du Sud, l’Espagne, le Portugal, la France et le Royaume-Uni ont chacun choisi leur propre approche.
  • Un label volontaire peut faire bouger le marché, si les acheteurs et les locataires le connaissent. La Corée du Sud l’a montré.
  • Les lois fixent surtout la base dans les bâtiments neufs : gaines, câbles et raccordement. Les bâtiments existants et les performances réelles restent le plus souvent hors champ.
  • Les labels solides ont plusieurs points communs : des niveaux clairs, une évaluation indépendante, une méthode mise à jour régulièrement, et des professionnels formés.
  • De ces expériences, nous tirons six leçons pour l’IT-Label au Benelux.

L’IT-Label n’est pas la première initiative visant à rendre visible la qualité numérique des bâtiments. Depuis la fin des années 1990, des pays cherchent des moyens de garantir que les bâtiments soient prêts pour l’internet rapide. Certains ont choisi la loi, d’autres des labels volontaires, et quelques-uns les deux.

Qu’est-ce qui a fonctionné, et qu’est-ce qui n’a pas marché ? Dans cet article, nous examinons cinq pays et un label international. Nous traduisons ensuite nos constats en six leçons pour l’IT-Label, qui veut devenir le standard de la qualité numérique de l’immobilier au Benelux.

Corée du Sud : un certificat voulu par les promoteurs eux-mêmes

La Corée du Sud est l’un des exemples les plus connus. Dans les années 1990, le gouvernement a introduit un certificat pour les bâtiments disposant d’une connexion internet rapide, avec trois niveaux. Ce sont surtout les ensembles d’appartements qui y ont participé.

Le certificat était volontaire, mais il a fonctionné. Selon le think tank américain Brookings, les promoteurs l’utilisaient pour se démarquer, et la plupart des habitants voulaient vivre dans un bâtiment certifié. En 2000, un responsable du ministère a déclaré à CNN qu’environ 80 % des nouveaux immeubles d’appartements avaient ainsi été raccordés à l’internet rapide.

La leçon : un label n’a pas besoin d’être obligatoire pour avoir un effet. Il fonctionne quand l’acheteur ou le locataire le connaît et le demande. Il devient alors un argument de vente pour le propriétaire plutôt qu’une obligation.

Espagne : un plan technique, contrôlé de façon indépendante

Depuis 1998, l’Espagne dispose de règles pour l’infrastructure commune de télécommunications dans les bâtiments, l’ICT (Infraestructuras Comunes de Telecomunicaciones). Les règles actuelles figurent dans le Real Decreto 346/2011 et son arrêté d’application.

Un bâtiment neuf s’accompagne d’un projet technique pour l’infrastructure de télécommunications, avec des plans, des exigences et un budget. Un organisme reconnu par l’organisme espagnol d’accréditation ENAC peut contrôler ce projet. Après la construction viennent un certificat de fin de travaux et un protocole de mesures. Ce qui se trouve dans le bâtiment est ainsi documenté.

La leçon : documenter et contrôler de façon indépendante crée la confiance. Un label n’a de valeur que si un tiers peut vérifier comment il a été établi.

Portugal : un manuel régulièrement mis à jour

Le Portugal encadre l’infrastructure de télécommunications dans les bâtiments par les règles ITED (Infraestruturas de Telecomunicações em Edifícios). Le régulateur ANACOM publie un manuel technique à cet effet. Le manuel est révisé régulièrement. La troisième édition est entrée en vigueur en 2015. Dans les bâtiments neufs, l’infrastructure est obligatoire.

Le Portugal impose aussi des exigences aux organismes qui forment les concepteurs et les installateurs. Ils sont certifiés selon des règles fixes.

La leçon : la technique évolue vite. Une méthode qui n’évolue pas devient obsolète. Et de bonnes règles ne fonctionnent que si les personnes qui les appliquent sont formées.

Curieux du IT-label de votre bâtiment ?

Découvrez comment votre bien immobilier se positionne en infrastructure numérique.

Demander un IT-label

France : un label du secteur, délivré par un tiers indépendant

En France, la Smart Buildings Alliance, une association professionnelle, a développé le label Ready2Services (R2S) pour les bâtiments tertiaires intelligents et connectés. Le label évalue notamment la connectivité, l’architecture réseau et la sécurité numérique.

Deux points ressortent. Le secteur fixe les exigences, mais un certificateur indépendant, Certivéa, délivre le label. Et en 2022, une deuxième version est parue, fondée sur l’expérience de la première.

La leçon : mieux vaut séparer ceux qui élaborent le standard et ceux qui attribuent le label. Et un standard a besoin de versions, pour intégrer les retours du terrain.

Royaume-Uni : la loi fixe la base

En Angleterre, de nouvelles règles de construction s’appliquent depuis le 26 décembre 2022 : la Part R. Les logements neufs reçoivent une infrastructure prête pour le gigabit et une connexion gigabit fonctionnelle. Un plafond de coût de 2 000 £ par logement s’applique à cette connexion. Si ce n’est pas possible dans cette limite, la connexion la plus rapide possible est installée.

Par ailleurs, le maire de Londres a fait mettre en place en 2015 un système d’évaluation volontaire de la connectivité numérique des immeubles de bureaux.

La leçon : la loi garantit un minimum dans les bâtiments neufs. Pour la qualité au-delà, et pour les bâtiments existants, un label volontaire est nécessaire. Les pouvoirs publics peuvent soutenir un tel label sans le rendre obligatoire.

International : WiredScore

WiredScore a démarré à New York en 2013 et gère depuis 2015 le système d’évaluation londonien. Selon l’entreprise elle-même, elle certifie aujourd’hui des bâtiments dans 42 pays. Elle travaille avec des niveaux simples, de Certified à Platinum.

La leçon : des niveaux simples sont faciles à communiquer, et la comparabilité internationale a de la valeur pour les investisseurs et les locataires présents dans plusieurs pays.

Chaque pays a résolu une partie du puzzle. Tout l’art est d’assembler les pièces.

Curieux du IT-label de votre bâtiment ?

Découvrez comment votre bien immobilier se positionne en infrastructure numérique.

Demander un IT-label

Et les Pays-Bas : la leçon du label énergétique

La leçon la plus forte se trouve peut-être tout près. Le label énergétique néerlandais a commencé comme un moyen de rendre visible la performance énergétique. Ce n’est qu’une fois la mesure en place que les pouvoirs publics ont pu agir. Depuis le 1er janvier 2023, les bureaux de 100 m² ou plus aux Pays-Bas doivent avoir au moins le label énergétique C.

Mais le label énergétique montre aussi combien le chemin est difficile. Peu avant cette date, selon des estimations de l’agence néerlandaise RVO, une grande partie des bureaux n’avait encore aucun label. Un label ne fonctionne que lorsqu’il est largement utilisé.

Pour en savoir plus sur le lien entre labels et politiques publiques, lisez IT-labels et politiques publiques.

Six leçons pour l’IT-Label

Que signifient ces expériences pour l’IT-Label ? Nous voyons six leçons :

  1. Faire du label un argument de vente. Comme en Corée du Sud : un label fonctionne quand les locataires et les acheteurs le demandent. C’est pourquoi l’IT-Label s’adresse non seulement aux propriétaires, mais aussi aux locataires, aux agents et aux conseillers.
  2. Évaluer de façon indépendante et documenter. Comme en Espagne : un tiers doit pouvoir vérifier comment un label a été établi. C’est pourquoi chaque Certified Partner travaille selon la même méthode, et le partenaire consigne le résultat dans un rapport.
  3. Mettre à jour la méthode régulièrement. Comme au Portugal et en France : la technique évolue, la méthode doit donc suivre, avec des versions claires.
  4. Former les professionnels. Comme au Portugal : les règles ne valent que par les personnes qui les appliquent. C’est pourquoi il existe l’IT-Label Academy pour nos Certified Partners.
  5. Aller au-delà de la loi. Comme au Royaume-Uni et avec le règlement européen sur les infrastructures gigabit : la loi couvre les gaines et les câbles dans les bâtiments neufs. L’IT-Label examine aussi les bâtiments existants, et mesure le fonctionnement réel de l’infrastructure.
  6. Rester simple, et comparable au-delà des frontières. Comme avec WiredScore : des niveaux clairs aident. L’IT-Label utilise six classifications, d’IT1+ PREMIUM à IT5 SHELL, avec la même signification aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg.

Ce que l’IT-Label fait différemment

Beaucoup de règles et de labels à l’étranger regardent surtout ce qui est présent : gaines, câbles, raccordement. L’IT-Label regarde aussi comment cela fonctionne. Un bâtiment avec la fibre sur le papier, mais des performances décevantes en pratique, est noté selon la pratique.

De plus, l’IT-Label examine le bâtiment dans son ensemble : le raccordement, le réseau, le Wi-Fi, les locaux techniques, la sécurité et les systèmes intelligents. Et il s’adresse à tous les types d’immobilier d’entreprise, neuf et existant.

Curieux du IT-label de votre bâtiment ?

Découvrez comment votre bien immobilier se positionne en infrastructure numérique.

Demander un IT-label

Questions fréquentes

Quel pays a le meilleur système ?

Aucun pays n’a de système parfait. La Corée du Sud a montré qu’un label volontaire peut faire bouger le marché. L’Espagne et le Portugal montrent comment documenter et contrôler. La France montre comment le secteur et un certificateur collaborent. Chaque pays offre une leçon.

Les Pays-Bas vont-ils introduire un label numérique obligatoire, comme le label énergétique ?

Aucun projet de ce type n’est connu. Le règlement européen sur les infrastructures gigabit impose toutefois une infrastructure prête pour la fibre dans les bâtiments neufs et largement rénovés, et laisse les pays libres d’introduire un label volontaire.

Quelle est la différence entre l’IT-Label et les labels étrangers ?

L’IT-Label mesure non seulement ce qui est présent, mais aussi le fonctionnement réel. Il a été développé pour le Benelux, pour l’immobilier d’entreprise neuf et existant.

Comment contribuer à la méthode ?

Rejoignez le collectif de connaissances. Propriétaires, professionnels de l’informatique et conseillers y contribuent au développement de l’IT-Label.

Apprendre, et construire ensemble

D’autres pays ont beaucoup expérimenté. Nous pouvons en tirer des leçons, pour ne pas devoir réinventer la roue au Benelux. Vous souhaitez participer à la prochaine étape ? Rejoignez le collectif de connaissances.

Vous souhaitez rester informé de la législation, des normes et de la qualité numérique des bâtiments ? Abonnez-vous à la newsletter.

Sources : Brookings, Embracing broadband policy innovation from abroad ; CNN, juillet 2000 ; BOE, Orden ITC/1644/2011 ; Gouvernement espagnol, procédures ICT ; Diário da República, Portaria 377/2015 ; Certivéa, label R2S ; GOV.UK, new build connectivity ; WiredScore ; RVO, label énergétique C pour les bureaux. Vérifié le 18 octobre 2026.

Cet article a été rédigé par la rédaction d'IT-Label, qui est responsable de son contenu.

Partager cet article

LinkedInWhatsAppXE-mail

Restez informé de nos articles

Recevez nos nouveaux articles sur l'infrastructure numérique de l'immobilier par e-mail. Pas de spam, désinscription à tout moment.

Nous utilisons vos données uniquement pour la newsletter. Lisez notre politique de confidentialité.

Vous avez une question ?

Contactez-nous pour plus d'informations sur l'IT-label.

Contactez-nous →

Demander un IT-Label

Laissez vos coordonnées et nous vous recontacterons pour parcourir le déroulement.

Classifications IT1+, IT1, IT2, IT3, IT4, IT5